Le projet que nous portons pour le MEDEF avec Patrick Martin et Pierre Brajeux envisage l’innovation comme un levier de transformation de notre organisation mais également comme une source de croissance pour notre pays.

Nous sommes fermement convaincus que l’économie des données massives articulée par l’intelligence artificielle et l’automatisation soutenue par la robotisation façonneront pour partie notre puissance économique dans la prochaine décennie. Ces mutations il faut les analyser, les expliquer et les anticiper pour qu’elles contribuent au Progrès. C’est notamment le rôle du MEDEF car la crainte qu’inspirent certaines évolutions se nourrit de l’absence d’une prise de parole forte en la matière. Il faut rappeler que l’IA ou les robots sont des outils qui seront avant tout ce que nous en ferons. Il faut donc construire les nouveaux cadres qui permettront de prévenir les risques éventuels identifiées (protection et confidentialité des données, éthique) afin de maintenir l’innovation au service de l’Homme. Nous savons que les impacts des bouleversements en cours seront nombreux et transversaux notamment en matière de formation (initiale et continue), de mode de travail (muti-statuts, travail en réseau, protection sociale) ou d’usages (évolution du rapport à la propriété). Cela nécessite de réinventer de façon quasi continue nos modes de production, de distribution et de consommation.

L’innovation française doit se singulariser en apportant des solutions utiles aux défis contemporains: la transition énergétique et climatique, la revitalisation des territoires, les équilibres démographiques (vieillissement dans pays occidentaux d’un côté et explosion dans les pays émergents de l’autre), la question de l’utilisation raisonnée des ressources et plus généralement celle des enjeux humains. Elle doit permettre à nos entreprises de dégager davantage de marges et de profits qui sont les sources de nouveaux investissements d’anticipation.

Lors du salon VIVATECH de nombreux entrepreneurs talentueux illustrent cette vision de façon concrète et quotidienne. Je pense à QWANT qui répond à la demande croissante de respect de la vie privée sur internet (et de la non traçabilité des utilisateurs), à AIRINOV qui a évolué passant d’une activité initiale de fabrication de pièces de drone à un service complet de traitement et d’analyse des données collectées ou à LENDOSPHERE qui est un pionnier du financement participatif local et orienté sur les énergies renouvelables. Il y a également ceux qui innovent avec un prisme international dès le démarrage comme ELUM ENERGY qui simplifie la gestion des économies d’énergie grâce à ses logiciels propriétaires ou ceux qui innovent pour répondre à une problématique environnementale et sociale spécifique comme la déforestation en Afrique (MANDULIS ENERGY ). Il est d’ailleurs crucial d’ouvrir l’innovation au-delà de nos frontières pour déployer nos produits et services mais également s’inspirer de solutions pensées ailleurs.

 

Dans cet ensemble d’innovateurs, les grands groupes français sont en pointe. De nombreux fonds d’entreprises permettent des prises de participation dans des jeunes pousses ou des programmes d’innovation ouverte facilitent l’interaction avec celles-ci. Je pense par exemple à ENGIE ou à BNP PARIBAS qui offrent des exemples très précis à VIVATECH.

Enfin le levier de financement est un point crucial. L’endettement et le capital investissement sont deux leviers nécessaires. Le secteur privé offre un nombre croissant de solutions et la France est le premier pays européen en matière d’investissement dans les jeunes pousses. A cet égard, la BPI est devenu un maillon public reconnu et apprécié des entrepreneurs. Son travail de soutien financier et de pédagogie contribue à rendre visible la vague entrepreneuriale française.