Aujourd’hui dans le Finistère et le Morbihan je présente le projet de transformation du MEDEF que nous portons collectivement avec Patrick Martin, candidat du Rassemblement, et Pierre Brajeux. C’est évidemment l’occasion de visites d’entreprises, de découvertes d’entrepreneurs et d’échanges multiples avec les adhérents sur le futur de notre organisation.

Tout au long de la journée, les parcours des chefs d’entreprises que je rencontre témoignent d’une abnégation et d’une détermination totales. Ces leviers sont des moteurs de l’ascenseur social qui fonctionne encore grâce à la force entrepreneuriale. Les profils de Clément, d’Arnaud ou de Christophe, démontrent qu’il est possible de briser les déterminismes et de dépasser les préjugés qui nous réduisent. La liberté d’entreprendre c’est aussi une liberté de s’accomplir.

Je remercie Stéphane Bidamant, Président de l’Union des Entreprises du Finistère et Alban Ragani, Président du MEDEF Morbihan pour leur accueil à Brest et Lorient ainsi que les entreprises Laisné, Cloître, Arena, Sécuriteam et Actibreizh pour leur disponibilité.

De Brest à Rennes, création d’un groupe d’aménagement grâce à la reprise d’entreprises

L’exemple de Clément, 30 ans, qui s’est lancé dans l’agencement à Brest il y a quelques années, et qui a acquis ses compétences de façon autodidactique, est frappant. Aujourd’hui à la tête d’un groupe de 70 personnes qui réalise 9 M EUR de chiffre d’affaires annuel, il a réussi, avec sa femme et après une période de démarrage difficile où les commandes, aléatoires ont testé la résistance de ce couple entrepreneur, à bâtir un groupe actif dans toute la France.

Le développement accéléré de son entreprise est la combinaison d’un développement commercial endogène engendrant des commandes plus régulières mais surtout d’une croissance externe via des reprises d’entreprises. Une première société à Morlaix de 12 salariés puis une seconde à Rennes de 50 salariés. Clément nous explique les défis de l’intégration, de l’optimisation, des synergies et surtout de l’investissement dans les systèmes informatiques internes (chaque pièce étant spécifique la gestion des flux est essentielle). Il évoque le plaisir de maintenir des savoir-faire, de sauver des emplois et souligne qu’il n’est « ni un magicien, ni un mécène ».

Nous évoquons pêle-mêle les achats de bois brut par les chinois (47% de la production française) qui déstabilisent le marché, l’implication de son groupe dans l’industrie 4.0 pour améliorer ses procédés de production, les risques de la garantie personnelle pour les entrepreneurs ayant besoin de financements bancaires et l’image de la représentation de nos entreprises dans la société si éloignée de son vécu quotidien. Les impôts de production fixés avant même qu’une production de richesse ait eu lieu tout comme le prélèvement à la source qui renchérit les coûts de gestion administrative sont des sujets d’attention et de préoccupations.

L’imprimerie au 21ème siècle : travail en réseau, conseil et investissements

Christophe a repris l’entreprise Cloître, une PME importante du secteur de l’impression, fortement implantée dans le Finistère, qui emploie 120 salariés (en CDI) et qui réalise 14 M EUR de chiffre d’affaires annuel dont 70% du CA pour la seule Bretagne. Si la raison d’être d’un imprimeur est avant tout l’impression papier, celle-ci s’envisage de façon croissante comme un support de communication de plus en plus qualitatif. Des investissements importants (12 M EUR ces 6 dernières années) permettent à Cloître d’offrir des services de pointe, notamment des grandes séries individualisées, et de répondre à une demande de conseil renforcé (qui absorbe un cinquième des effectifs). Ces efforts sont réalisés dans un contexte de marché qui se contracte à l’échelle mondiale – diminution de moitié des volumes de vente – et où les importations en provenance de pays ne respectant pas les normes sociales et environnementales européennes saturent notre pays (95% des livres enfants vendus en France sont imprimés en Chine).

Christophe nous explique l’une des clés du succès de son entreprise : le travail en réseau et la mise en commun. Plus de 90 imprimeurs s’unissent dans le cadre du groupement pour partager les bonnes pratiques et procéder à des achats de matière première conjointement (600 M EUR/an). Les mêmes valeurs prévalent dans son entreprise où les salariés sont étroitement informés des performances et sont consultés sur l’organisation du travail.

Christophe souligne ses inquiétudes quant au prélèvement à la source, génératrice de possibles incompréhensions avec les salariés et surtout facteur de coûts et de complexité supplémentaires pour son entreprise tout comme la RGPD qui impliquera une personne dédiée sur la gestion des données. Derrière chaque norme une criarde réalité : des charges. La légitimité des choix du législateur n’est pas en cause mais ces derniers devraient être opérés à masse de fiscalité constante.

Nouveaux restaurants brestois : recrutement, attractivité et impact numérique

Marc, avec Stéphane, a ouvert deux restaurants à Brest (30 employés) et un troisième site est en cours de développement (1.5 M EUR d’investissement). Ce groupe local de restauration comptera 60 salariés auxquels s’ajoutent les nombreux saisonniers. Le succès de ces nouveaux lieux s’explique notamment par l’innovation des concepts (sport bar, bistronomie,..), le choix des emplacements (anciens ateliers de la Marine), l’attention portée à la sécurité et qualité de la chaîne d’approvisionnement et la mise en place d’un système de primes pour le personnel qui crée une correspondance d’intérêts entre service rendu au client et rémunération.

Marc et Wilfrid, son directeur adjoint, déplorent l’image erronée de Brest qui ne baigne pas sous la pluie. La ville change rapidement (réhabilitation de la zone portuaire, biotech, fonds de capital amorçage pour jeunes pousses, téléphérique urbain,..) et offre des opportunités de carrières. Si l’accessibilité de Brest demeure sujet à débat (« le Finistère t’y va, t’y passe pas » comme le résume Wilfrid) l’attractivité perçue complexifie le recrutement dans un métier en forte tension.

Enfin le problème des notations en ligne, et notamment du site « Trip Advisor », qui ont acquis un poids prescripteur majeur, nous interroge sur le contrôle de pratiques concurrentielles déloyales, notamment des faux comptes ou avis.

L’intérim face aux tensions du marché de l’emploi dans le Morbihan

Arnaud, ancien footballeur professionnel, a réussi une reconversion dans le secteur de l’intérim. D’abord salarié il s’est décidé à entreprendre aux côté du groupe Actual. Ses agences dans le Morbihan à Lorient, comptent aujourd’hui près de 250 salariés en travail temporaire. Son entreprise réalise près de 8 M EUR de chiffre d’affaires annuel et dispose d’une expertise multi-secteurs avec une pointe de force dans le secteur agroindustriel. Actibreizh est également source d’innovation dans son secteur avec la création d’un produit Actibreizh compétence CDI permettant de traiter les besoins de long terme des entreprises.

Avec Arnaud nous évoquons bien évidemment la question des surcoûts liés aux contrats courts (qui pour certaines entreprises s’apparentent à une double peine, ces dernières ne faisant que contracter en fonction de la réalité courte de leur activité notamment dans l’événementiel, la sécurité ou la manutention), du dévoiement de certains contrats saisonniers, des problématiques liés au CDD et de la réglementation mouvante et difficile à appréhender au regard des évolutions jurisprudentielles. La complexité des normes constitue évidemment une iniquité dans l’accès et la compréhension de l’information entre ceux disposant des ressources pour traiter cette technicité de ceux étant dans l’impossibilité matérielle de s’adjoindre les expertises nécessaires. Elle rend également aléatoire les contrôles et les risques de redressement afférents, bien évidemment au détriment de chefs d’entreprises perdus dans les méandres contradictoires de l’esprit des textes, de la lettre de ceux-ci et de leur application effective interprétée par l’Administration.

La pénurie de compétences touche l’ensemble des secteurs et tous les territoires. C’est un véritable danger pour notre pays, et plus encore dans une période de croissance. Comment comprendre un niveau tel de chômage, un volume si élevé de prestations sociales et un nombre si important d’emplois vacants. De trop nombreux cas de refus de postes après de savants calculs sur la perte de prestations liées à une période d’inactivité doivent nous interpeller sur l’incitation réelle de notre système de solidarité qui semble éloigner plus que rapprocher du marché de l’emploi. La performance de Pôle Emploi est également un sujet de réflexion. L’activité de placement de demandeurs d’emploi devrait accroître son efficacité. A cet égard il est peu compréhensible que certaines délégations territoriales de Pôle Emploi n’organise pas une coopération continue et quotidienne avec la représentation des entreprises.

Securiteam, une entreprise bretonne en croissance

Alban a fondé Securiteam qui compte aujourd’hui près de 300 agents de sécurité travaillant pour des clients diversifiés de l’Aéroport de Lorient Bretagne Sud au stade du Moustoir les soirs de match. L’entreprise, dont le siège est située à Lorient, est un acteur dynamique de la vie économique locale.

Outre les problèmes de recrutement, des arrêts de travail aux motifs douteux, nous évoquons le coût de la médecine du travail pour un service rendu aléatoire, la multiplication de normes qui contraignent le quotidien des entreprises du fait d’exigences de formes qui nécessitent une vigilance de tous les instants. Cette concentration constante pour éviter la faute est une strate de pression qui dégrade un peu plus la qualité de vie de chefs d’entreprises dont la santé est un sujet sous-traité.

Toutes ces entreprises éprouvent des difficultés au quotidien face à la complexité administrative et au recrutement de compétences adaptées. Afin de les accompagner dans leur croissance, nous proposerons un service d’information renforcé d’appui juridique et administratif en utilisant notamment les nouvelles technologies ( chatbot MEDEF, système de remontée d’informations, distribution d’informations sur mesure) ainsi que des places de marchés virtuels de l’emploi permettant une mise en contact des demandeurs d’emploi – en particulier les personnes les plus éloignées de l’emploi – avec les entreprises à la recherche de compétences. Nous souhaitons que ce système soit mis en place gratuitement par le MEDEF pour ses adhérents MEDEF territoriaux et fédérations