La robotisation et l’automatisation sont souvent perçues de façon anxiogène comme un destin inéluctable qui détruirait nos emplois. S’intéresser à la robotisation c’est accepter de ne pas avoir de réponses définitives. La longue liste d’études parues sur le sujet propose des perspectives et éclairages souvent contradictoires. Notre connaissance est limitée car la réalité est en perpétuelle évolution.

La robotisation, un outil au service de l’économie

Je suis convaincu de l’importance d’une économie robotisée. Les pays disposant d’une automatisation élevée sont ceux où le taux de chômage est faible. Au-delà de la stimulation économique, la robotisation et la cobotisation (robots collaboratifs) permettent, dans de nombreux cas, de diminuer les coûts de production d’un produit ou service. Elle supprime, de fait, l’intérêt de certaines délocalisations et peut même conduire à des relocalisations d’activités économiques sur le territoire. Enfin, la robotisation peut contribuer à éliminer les tâches les plus pénibles et celles pour lesquelles un taux d’accident du travail est plus élevé.

Europe Technologies, un exemple d’entreprise innovante

En elle-même l’économie de la robotique est une source d’innovation et de création nette d’emplois. C’est la raison de ma présence chez Europe Technologies, un groupe de 300 collaborateurs qui consacre 10 à 15% de son chiffre d’affaires annuel en R&D et qui propose de nombreuses solutions industrielles de pointe dans la soudure, la découpe ou le traitement de surface par impact.

Europe Technologies a la particularité de proposer des robots sur mesure et de tester en interne la plupart de ses innovations. Toutes ses solutions ont en commun la mutualisation de procédés robotisés et cobotisés avec des savoir-faire manuels. L’entreprise dirigée par Patrick Cheppe réalise une part importante de son chiffre d’affaires à l’international.

Des défis en matière de compétences qui nécessitent une anticipation

Néanmoins nul ne peut ignorer que des centaines de milliers d’employés vont devoir faire face à une évolution de leurs compétences et, dans certains cas, à un changement d’activité. La question de la flexibilité et de la capacité à exercer différents métiers durant une carrière sera cruciale.

Un nouvel enjeu apparaît, celui de la capacité pour les entreprises à former efficacement leurs employés sur des technologies en évolution permanente. La réforme proposée par le gouvernement vise à fluidifier ces cycles de formation continue. Cette direction nous semble être une voie à suivre et approfondir.

Tous concernés

La transformation du marché de l’emploi touchera les marchés établis comme émergents, avec différents niveaux d’automatisation selon les emplois. Selon le cabinet McKinsey & Co 800 millions d’emplois humains auront disparu d’ici 2030. Il faut anticiper et devancer les mutations.

Un MEDEF en mouvement devrait y contribuer en établissant une cartographie des besoins d’emploi en temps réel, consultables par tous en ligne. C’est la valeur ajoutée d’une organisation interprofessionnelle de concentrer les données des branches, des territoires et des entreprises pour transmettre les besoins de formation le plus rapidement possible et permettre une action efficace. La connexion entre offres de formation et besoins de compétence est un chainon vital de l’économie. Le MEDEF peut être ce connecteur.